Couverts hivernaux : des nouvelles de notre jardin expérimental
Nous vous avions promis de revenir vers vous au printemps pour vous donner des nouvelles de notre jardin après les expérimentations de mise en sommeil hivernal des parcelles. Et bien, c’est le moment !
Vous souvenez-vous que nous avions testé, en octobre et novembre, plusieurs méthodes (cf article) : les lasagnes, les engrais verts, la laine de mouton…
Depuis fin mars, nous réveillons notre terrain pour le préparer aux semis et plantations du printemps.
Les engrais verts : des résultats contrastés
Nous avons semé 2 types d’engrais verts :
de la moutarde blanche sur les parcelles A (avec compost) et B (sans compost),
un mélange de céréales et légumineuses, avoine, seigle, lentille, vesce, sur les parcelles dites “prairie” avec et sans compost.
Sur la moutarde blanche, on constate une poussée rapide mais inégale avec des zones denses et d’autres plus clairsemées.
Comparaison des parcelles A avec compost et B sans compost sur la moutarde blanche (engrais vert)
Sur les parcelles avec mélange, la poussée a été beaucoup plus longue mais l’avoine a pris le dessus sur les autres graines et est finalement sortie très vite et très densément, à partir de début mars. Pousse très tardive donc, que nous n’attendions plus !!
Comparaison des parcelles dites “prairie” avec et sans compost sur l’avoine (engrais vert)
Dans les 2 cas, les parcelles avec compost sont beaucoup plus productives que celles sans compost.
Nous avons coupé les engrais verts, la moutarde mi-mars et l’avoine mi-avril et les avons laissé se décomposer sur le sol pour le nourrir en anticipation des plantations de mai.
Avoine coupée et laissée sur la parcelle “prairie avec compost” pour enrichir le sol avant les semis. Avoine quasi invisible sur la parcelle “prairie sans compost”
Les lasagnes : un sol très agréable à travailler
En éventrant les lasagnes constituées fin octobre (sur parcelle C avec compost et parcelle E dite '“expression libre”), nous avons pu constater que les matières se sont bien décomposées pendant la période hivernale. Les parcelles sont riches, le sol est tendre. Nous avons juste enlevé, à l’aide d’un rateau, les gros morceaux de bois, issus du rebus du tamisage et non encore décomposés, qui sont sur la surface. Et travailler ces parcelles pour les plantations de mai est un vrai plaisir.
Où l’on découvre ce que sont devenues les couches de lasagnes pendant l’hiver
Pour connaître la composition des lasagnes, vous pouvez vous reporter à l’article du 21 novembre 2025.
La laine de mouton : une technique qui demande à être repensée
La laine de mouton posée début novembre sur la parcelle D sans compost, s’est peu décomposée. Notre explication est que la parcelle, jamais enrichie en matière organique, abrite peu de vie, et donc peu de décomposeurs. Cet exercice fait écho avec le maintenant de plus en plus connu “test du slip”. Ce test est destiné à mesurer la vie d’un sol au travers de sa capacité à décomposer un tissu de coton.
Pour en revenir à la laine, elle a finalement fait office de bâche et a certes couvert le sol avec suffisamment de perméabilité à l’air et à l’eau pour ne pas créer de couche de battance. Le sol que nous découvrons après quelques mois de protection sous cette laine reste grumeleux et agréable à travailler.
Où l’on découvre le sol sous la laine de mouton posée à l’automne
Un résultat intéressant donc, puisque la bâche, même si elle ne s’est pas décomposée (et ce n’est pas la laine de mouton qui est en cause mais la pauvreté de la parcelle en matière organique), a permis d’échapper au désherbage à la main, pré-plantation, sans pour autant laisser le sol dur et difficile à travailler (comme constaté les années précédentes avec des bâches classiques). Notons que le sol de cette parcelle sans compost est beaucoup plus clair que sur la photo précédente de la lasagne, signe qu’il est beaucoup moins riche en matière organique. On retentera d’autres utilisations à l’automne sur les parcelles avec compost !
Nos conclusions, à ce stade…
La technique de mise en sommeil hivernal avec des couches de matière organique de natures différentes et complémentaires (azote et carbone, jeune et mature), autrement dit la lasagne, nous paraît, à ce stade, la plus intéressante pour préparer le sol pour les cultures à venir.
La laine de mouton, uniquement utilisée sur une parcelle sans compost mérite d’être testée à nouveau sur une parcelle avec compost car semble prometteuse pour une protection hivernale nourissante et sans effort.
Les engrais verts se sont avérés décevants. Ils sont relativement coûteux en petites quantités et ne produisent pas de la biomasse en quantité significative pour avoir un réel impact sur le taux de matière organique de nos parcelles. Et ils n’ont pas tous suffisamment couvert le sol pour échapper au désherbage manuel.
La prochaine saison de production va peut-être venir contredire ces premières conclusions. Dans tous les cas, nous vous tiendrons informés des résultats sur les plantations.
En attendant, préparer ses sols avec une couche de compost mûr et tamisé est une excellente idée en cette période de l’année. Alors n’hésitez pas à venir nous rencontrer pour visiter notre jardin et, si vous le souhaitez, pour vous fournir en compost !
https://www.lescarriolesvertes.org/acheter-du-compost-en-vrac